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Corruption sur l’axe Abidjan-Conakry: Policiers et chauffeurs à cœur joie, silence coupable des autorités

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Traverser les frontières terrestres est interdit entre la Guinée et la Côte d’Ivoire depuis l’apparition de la Maladie. Officiellement, seul le transport de marchandises est toléré, mais des citoyens en profitent aussi. Une occasion pour les agents de sécurité de les rançonner à souhait. Les rappels à l’ordre n’ont rien changé, la justice reste muette.

Avec l’appui de la CENOZO (Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest), les journalistes Oumar Tély Diallo et Abou Traoré ont enquêté.

Les gouvernements guinéen et ivoirien ont décrété l’Etat d’urgence sanitaire pour limiter la propagation de la maladie, installé des postes de contrôle en plus des barrages conventionnels, sur les routes pour veiller au lavage des mains et au port de masque. Mais les forces de l’ordre postées à ces barrages « sanitaires » se sont données d’autres missions : rançonner les usagers.

Sur l’axe Abidjan-Conakry, les postes d’observation tenus par la gendarmerie ont doublé, passant de 7 à 14, explique Ali Touré, convoyeur ivoirien sur l’axe Abidjan-Danané (dernière ville ivoirienne avant la frontière avec la Guinée). Sur la dizaine de villes à traverser sur l’axe Abidjan-Conakry, « on y trouve : douane, police, eaux et forêts, section anti-drogue, agents de santé. Chacun son tarif : Douane, 10 000 à 20 000 FCFA; Eaux et forêts, 500 FCFA ; police, 1 000 FCFA », détaille M. Touré.

Côté guinéen, Junior, convoyeur de marchandises d’Abidjan à Conakry, indique verser jusqu’à 3 200 000 GNF (325 dollars au taux de 1 dollar pour 9 832 GNF à la date du 27 juin 2021). Les montants varient selon les barrages. La quittance lui coûte entre 60 millions et 150 millions GNF (entre 6 000 et 15 000 dollars au taux du 27 juin) selon le poids. « Cela ne nous sert à rien. À chaque barrage on paye. Ils ne fouillent pas la cargaison, ils demandent juste l’argent ». S’il paye, dit-il, c’est pour éviter des retards de livraison qui conduirait à des ruptures de stock, donc des pertes, il ne sait pas que c’est illégal.
Syndicats impuissants
Les syndicats de transporteurs, embarrassés, tentent des solutions désespérées. Ahmed Doumbia, secrétaire général de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, souligne que des millions de FCFA sont versés aux agents, sans reçu. D’Abidjan à la frontière guinéenne, dit-il, il y a 14 barrages à 2 000 FCFA, « ce qui fait 28 000 FCFA payés sur 640 kilomètres ».
Alpha Oumar Sow de la CNTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée), gère la ligne Nzérékoré-Man-Abidjan. Il a expliqué que les chauffeurs, en accord avec le syndicat, ont changé d’itinéraire pour assouplir l’ampleur du racket. Cela marche en Guinée, pas en Côte d’Ivoire : « Côté ivoirien, la frontière est officiellement fermée, les forces de sécurité font payer jusqu’à 5 000 FCFA par passager. Aux bureaux des douanes, de la police, des eaux et forêts, des agents de santé, de la mairie, il faut payer également ».
Tanou Nadhel Diallo, secrétaire administratif du syndicat des transporteurs de Labé (Guinée), affilié à la CNTG, trouve une explication au racket : « Il y a 52 articles dans le Code de la route guinéen, aucun chauffeur ne peut les respecter à tout moment. On ne peut pas être en règle à 100%. Alors, ils nous font payer ».
Saignée financière
Les paiements indus sur les routes ont fait perdre 33 milliards de FCFA à la Côte d’Ivoire, en 2016, selon l’OFT, Observatoire de la fluidité routière. Cette agence gouvernementale sous tutelle du ministère des Transports ivoirien, veille à la continuité et à la fluidité du transport, routier, ferroviaire, maritime et aérien.

Si en Guinée, il n’y a pas de chiffres sur le racket, le premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, avait reconnu devant les députés, en 2018, que la corruption et les pots de vins font perdre à la Guinée jusqu’à 600 milliards GNF par an (61 021 965 millions de dollars, au taux du 27 juin 2021), tous secteurs confondus.

Une étude réalisée par Afrobaromètre et Stat view international révèle que 63% de Guinéens estiment que la corruption est en hausse; 49% pensent que tous les policiers et gendarmes sont corrompus. Une autre étude des mêmes organisations publiée en août 2020 révèle que 58% des Guinéens ont versé des pots-de-vin aux policiers pour éviter des difficultés aux postes de contrôle. Une tendance à la hausse : 51% en 2017, 58% en 2019, 74% en 2020.
Une culture de la corruption
Paradoxalement, syndicalistes et chauffeurs des deux pays savent, du moins pour certains, que payer indûment est illégal. « C’est illégal, mais ceux qui sont censés appliquer la loi sont ceux-là qui la violent sous tes yeux. Ils te demandent de payer. Si tu les dénonces, ils peuvent te violenter ou te retarder. Alors tu ferais mieux de payer », fulmine Tanou Nadhel Diallo.
Pour lui, le plus dur est encore d’obtenir des preuves contre les forces de l’ordre, il soupçonne une collusion avec la hiérarchie : « La chaîne de corruption va très loin, il y a une complicité ». Le ministère guinéen de la Sécurité et de la protection civile dont les agents sont incriminés a refusé de donner suite à notre demande d’interview.

Ahmed Doumbia de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (section de Côte d’Ivoire) se dit conscient qu’ils ont le droit de refuser : « Le commissaire du gouvernement, Ange Kessy, responsable de la cellule anti-racket, nous a interdit de donner de l’argent aux forces de l’ordre. Nous savons que c’est illégal, mais on n’a pas le choix ».

Abdoulaye Sylla, président du Collectif des fédérations des chauffeurs de Côte d’Ivoire pense que les chauffeurs, pour la plupart analphabètes, ignorent la loi : « Une fois, un chauffeur a été pris par la police anti racket, il ne savait pas que c’est illégal ». Alors, les agents en profitent.

« Ce sont des arrangements. Si nous faisons correctement notre travail, certains véhicules seront immobilisés. Les transporteurs eux-mêmes sont conscients qu’ils ne sont pas en règle, à 100% vis-à-vis de la loi et des dispositions sanitaires liées à la maladie », confie un douanier à l’entrée de la ville de Man.

Quant à ses frères d’armes policiers quand nous nous sommes présentés comme journaliste qui voulait savoir pourquoi il confisque certaines pièces de véhicules contre de l’argent, il nous a demandé de nous référer à sa hiérarchie. Après, « il parlera à la presse ». Les agents des Eaux et forêts nous ont renvoyés à leur hiérarchie aussi.

Me Brahima Coulibaly, avocat au barreau d’Abidjan, vice-président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) milite pour la mise en place d’un mécanisme permettant aux routiers de se plaindre et d’obtenir réparation. Mais il se demande bien si un transporteur peut garer son véhicule et entamer une procédure judiciaire ? « En plus, sur les routes, c’est sa parole contre celle du corps habillé. C’est difficile ».
Des lois… inutiles ?
Pour lutter contre la corruption, la Guinée a voté, en 2017, une loi anti-corruption. En plus, le Code pénal guinéen en son article 771 prévoit des peines d’emprisonnement jusqu’à 10 ans et d’amende jusqu’à 10 000 000 GNF. En Côte d’Ivoire, la corruption est punie pratiquement des mêmes peines suivant les articles 28, 29 et 30 du Code pénal. Mais l’application de ces lois se fait attendre.

En Côte d’Ivoire, suite aux nombreuses plaintes des routiers, le Commandant en second de la gendarmerie ivoirienne, le Colonel Major Vako Bamba, a entamé, en avril 2020, une tournée de sensibilisation. « Le gendarme contrôle les pièces du véhicule, l’identité des usagers, seulement si les conducteurs commettent des infractions. Les postes d’observation ne sont pas des barrages, le gendarme est là uniquement pour prévenir, sécuriser, alerter ou renseigner en cas de besoin », rappelle l’officier.

En mai 2021, le chef du parquet militaire ivoirien, le commissaire Ange Kessy, dans un véhicule banalisé a pris des agents en flagrant délit de racket, à l’entrée de Yamoussoukro. Il s’est juste contenté de les rappeler à l’ordre : « Abandonnez ces vieilles habitudes. S’il vous plaît. L’État vous paye déjà », a-t-il dit aux policiers et gendarmes. Aucune sanction n’a suivi. Même pas disciplinaire.

En Guinée, le gouvernement a reconnu le racket en Conseil des ministres le 6 mai 2021. Le ministre de la Sécurité et celui de la Défense ont signé un communiqué conjoint rappelant les forces de l’ordre. Ici, comme en Côte d’Ivoire, aucune sanction n’a suivi.

Sékou Mohamed Sylla, directeur exécutif de l’ANLC, Agence nationale de lutte contre la corruption (agence gouvernementale), explique que c’est l’application de la loi qui pose problème. Sinon, rappelle-t-il, en 2018, le gouvernement guinéen avait publié le même communiqué. « Il faut appliquer la loi, c’est tout », assène-t-il.
Incompétente ou corrompue ?
Dans les deux pays, les médias dénoncent régulièrement le racket, les citoyens aussi. La justice ne réagit pas pour autant. Aucun procureur de Conakry n’a donné suite à nos demandes d’interview sur le mutisme de l’appareil judiciaire. L’un d’eux a dit tout de même : « C’est difficile pour la justice ». Pourquoi ? Il ne le dira pas.

Un juge guinéen a lui accepté de donner quelques explications, à titre informel : « Il faut des gens pour arrêter la corruption. Mais le système est enraciné au point que ceux qui luttent contre la corruption se prêtent à la pratique. C’est difficile ». Selon le juge, pour réprimer un fait, il faut des acteurs. A leurs côtés, des lanceurs d’alerte comme les médias. Même alerté, si les organes de répression n’ont pas « la main mise (connaissance de la chose) et la main libre (pas d’obstacles politiques), ce sera difficile ».

Cette théorie est corroborée par Dr Aliou Barry, Directeur général de Stat view international, expert en gouvernance, représentant de Afrobaromètre en Guinée, pour qui, l’appareil judiciaire doit être soutenu. « Je ne pense pas qu’il y ait de juges compétents en matière de lutte contre la corruption. Il faut les former. Le secteur judiciaire n’a pas assez de moyens ».

Pour lutter contre la corruption, il faut la prévention, la sensibilisation, l’éducation civique, dit-il. Monsieur Barry préconise même l’introduction dans le cursus scolaire ou universitaire des cours d’éthique ou de morale. Il estime qu’il n’y a pas aussi suffisamment de sensibilisation sur la corruption. Certains citoyens, selon lui, sont tellement habitués à payer, qu’ils oublient qu’ils contribuent à asseoir une culture de la corruption.
Société civile inefficace
Dans les pays démocratiques, la société civile éduque les citoyens à la bonne gouvernance. En Afrique subsaharienne, elle peine à exister. Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne, soutient que le contrôle de masque est devenu une occasion pour les forces de sécurité de rançonner les citoyens. « Il y a une multiplication des barrages », regrette-t-il. Pour lui, si les citoyens payent, c’est parce qu’ils ne sont pas informés que c’est de la corruption. « La population est vulnérable à la corruption, elle n’est pas informée ».

En Côte d’Ivoire, le président de la Ligue africaine de lutte contre la corruption (Alaco), Alex Nzi Moro Nicaise, trouve que le racket gangrène l’économie, impacte négativement le développement du pays dans la mesure où ce sont des dépenses d’investissement sans reçu : « Ce sont des millions de FCFA qui passent dans les poches des treillis sans traces avec ces centaines de camions qui traversent les corridors au quotidien. Ces passe-droits ne profitent qu’aux forces de l’ordre ».

En ces temps , si la pandémie a cloué nombre de secteurs économiques, envoyé des milliers de personnes au chômage, elle a servi à remplir les poches de certaines personnes. Impunément.

Lettre Ouverte

Lettre ouverte et plaidoyer auprès du du président, le Général d’armée Mamadi Doumbouya.

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À Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée Général d’armée Mamadi Doumbouya

Excellence Monsieur le Président,

Permettez-moi, en préambule, de vous adresser mes vœux les plus sincères de santé, de clairvoyance et de plein succès pour l’année 2026.

Je tiens également à vous exprimer mes félicitations à la suite de votre élection à la magistrature suprême, issue du scrutin présidentiel du 28 décembre dernier. Cette échéance majeure a fait naître, au sein du peuple guinéen, un espoir profond : celui d’un État apaisé, juste, respectueux de la dignité humaine et résolument engagé sur la voie du retour à l’ordre constitutionnel.

Cependant, Excellence Monsieur le Président, cet espoir se trouve aujourd’hui fragilisé par une réalité préoccupante qui interpelle les consciences : la recrudescence des enlèvements, des kidnappings et, plus largement, des privations arbitraires de liberté sur l’ensemble du territoire national.

Ce phénomène, devenu récurrent, installe un climat de peur et d’insécurité incompatible avec les fondements mêmes d’un État de droit.

Aucune nation ne peut durablement se construire lorsque ses citoyens vivent dans l’angoisse permanente d’être arbitrairement privés de leur liberté. La gravité de ces actes appelle une réponse ferme, immédiate et transparente. Il en va non seulement de la sécurité des populations, mais également de la crédibilité de l’État et de la confiance que les citoyens placent dans leurs institutions.

L’histoire récente de plusieurs pays démontre que, là où ces pratiques ont été tolérées ou banalisées, les gouvernements ont par la suite éprouvé les plus grandes difficultés à contenir les enlèvements et les kidnappings, devenus de véritables activités lucratives pour des groupuscules sans foi ni loi.

Le fondement même de la justice, dans toute République digne de ce nom, réside dans la capacité à traquer et punir celles et ceux qui enfreignent les lois, mais toujours dans le respect strict des principes fondamentaux de l’État de droit. Faillir à cette exigence, c’est laisser libre cours à des dérives susceptibles de nous entraîner, à terme, dans une spirale d’insécurité, voire d’instabilité politique et institutionnelle.

Cette tribune se veut également un plaidoyer en faveur de la vérité, de la justice et de l’humanité.

La disparition de plusieurs figures politiques et citoyennes — parmi lesquelles Foniké Mengué, Billo Bah, Habib Marouane Camara, Sadou Nimagan — ainsi que la situation de nombreux détenus, demeure une source de profonde inquiétude nationale.

Le silence entourant leur sort alimente les tensions, nourrit les suspicions et inflige une souffrance durable aux familles concernées comme à l’opinion publique. Les proches de ces personnes, à l’instar de ceux d’Aliou Bah et de tant d’autres, ont un droit légitime et inaliénable : celui de savoir où se trouvent les leurs et de connaître la vérité sur leur sort.

Depuis plus d’une année, ces familles vivent dans l’attente, l’angoisse et la douleur, privées d’informations claires, officielles et rassurantes.

Excellence Monsieur le Président, permettez-moi une réflexion empreinte d’humanité.

Lorsque vous apparaissez en public aux côtés de votre épouse, Madame Doumbouya Lauriane Darboux, parfois accompagné de votre fils, l’image projetée est celle d’un foyer uni et protecteur.

Cette image, aussi respectable soit-elle, renvoie en miroir à la situation de nombreux enfants guinéens aujourd’hui privés de l’amour et de la présence de leurs pères, grandissant avec une question douloureuse et persistante : « Où est mon papa ? »

La libération de ces personnes, ou à tout le moins l’établissement clair, public et transparent de la vérité sur leur situation, constituerait, comme premier acte fort de votre septennat, un geste politique majeur, porteur d’apaisement, de réconciliation nationale et de respect des libertés fondamentales — valeurs universelles auxquelles aspire profondément le peuple guinéen.

C’est pourquoi j’en appelle respectueusement à votre sens élevé de l’État et à l’exercice des prérogatives que la loi vous confère, notamment votre pouvoir discrétionnaire de grâce. Un tel acte, posé dès les premiers temps de votre mandat, contribuerait significativement à la restauration de la confiance entre l’État et les citoyens.

Lors de votre prise de pouvoir le 5 septembre 2021, vous aviez déclaré que la justice serait désormais la boussole guidant la vie de la Nation. Vous avez aujourd’hui l’occasion historique de donner corps à cet engagement et d’inscrire votre mandat dans une dynamique de réconciliation durable.

L’Histoire retient les dirigeants non seulement pour leurs victoires électorales, mais surtout pour leur capacité à protéger les plus vulnérables, à garantir la justice et à faire prévaloir l’État de droit, même dans les moments les plus sensibles.

Permettez-moi enfin, en ma qualité d’agent de développement local, de formuler une réflexion relative à la gouvernance de nos ressources naturelles.

La Providence a doté la Guinée d’immenses richesses, patrimoine commun appartenant à l’ensemble du peuple guinéen. Or, force est de constater qu’une infime minorité en bénéficie réellement, au détriment de la majorité.

Je plaide à cet égard pour l’adoption d’une politique innovante de troc stratégique, consistant à échanger des ressources minières contre des infrastructures sociales de base : routes, ponts, écoles, universités, hôpitaux, centres de santé, centres de jeux et de loisirs, réseaux d’électricité et d’adduction d’eau potable — bref, les infrastructures essentielles au développement humain.

Une telle approche permettrait de réduire significativement la corruption, véritable cancer de nos États, et d’assurer que les richesses nationales profitent directement aux populations.

Cette politique pourrait être mise en œuvre par une entité mixte, composée d’experts reconnus et de citoyens patriotes à la probité irréprochable, sous la supervision d’un comité ad hoc, audité en permanence par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Comme le rappelle régulièrement votre Ministre Directeur de Cabinet, Monsieur Djiba Diakité, le projet Simandou doit être pour la Guinée ce que le pétrole a été pour les pays du Golfe.

La politique évoquée ici pourrait constituer un levier concret pour traduire cette ambition en réalité.

Oui, cela est possible.
Oui, un pays aussi généreusement doté par la Providence doit permettre à ses populations d’être soulagées de nombreux fardeaux, à l’image de certaines nations du Golfe.

En espérant que cet appel citoyen retiendra votre haute attention et contribuera à ouvrir la voie à une Guinée plus sûre, plus juste et plus unie, je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Diallo El Hadj Bowédjo
Citoyen guinéen résidant à Paris
Agent de développement local
Auteur de « La Douloureuse Traversée – Perspective d’une Afrique débarrassée du néocolonialisme »

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Guinée

Présidentielle du 28 décembre 2025 : la DGE publie les résultats provisoires globaux

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La Direction Générale des Élections (DGE) a rendu publics, le 30 décembre 2025, les résultats provisoires globaux de l’élection présidentielle
organisée le 28 décembre 2025 sur l’ensemble du territoire national.Ces résultats, susceptibles d’actualisation, portent sur 9 régions et concernent 23 398 bureaux de vote pris en charge sur 23 673,
soit 98,84 % de couverture.

Données générales du scrutin

Électeurs inscrits 6 768 458
Votants (listes d’émargement) 5 448 191
Votants (dérogations) 160 329
Total votants 5 608 520
Bulletins nuls 310 589
Suffrages valablement exprimés 5 297 931
Taux de participation  94,46 %
NB : Les chiffres ci-dessus sont repris comme données provisoires communiquées par la DGE et peuvent être mis à jour
à mesure de la remontée/validation des procès-verbaux et de l’examen d’éventuels recours.

Résultats par candidat (provisoires)

Candidat Parti Voix %
Mamadi Doumbouya GMD 4 594 262 86,72 %
Abdoulaye Yéro Baldé FRONDEG 349 129 6,59 %
Dr Faya Lansana Millimono Bloc Libéral 108 117 2,04 %
Hadja Makalé Camara FAN 84 175 1,59 %
Autres candidats 162 248 3,06 %

Des résultats encore provisoires

La DGE rappelle que ces chiffres restent provisoires et pourront faire l’objet de corrections ou d’actualisations après la prise en compte des derniers procès-verbaux et l’examen des éventuels recours, conformément aux textes en vigueur.

Les résultats définitifs seront proclamés par les instances compétentes après la validation finale du processus électoral.

Source : Direction Générale des Élections (DGE) – Données provisoires

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Lettre Ouverte

Lettre ouverte au candidat Mamadi Doumbouya (Tidiane Diallo – Citoyen)

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Monsieur le candidat Mamadi Doumbouya,

Puisque vous serez déclaré vainqueur de cette élection et que vous exercerez le pouvoir, comme vos prédécesseurs, jusqu’à ce que le destin ou l’histoire en décide autrement, permettez-moi, en tant que jeune citoyen profondément attaché à la Guinée, de vous adresser cette réflexion sincère et républicaine.

Sur l’apaisement national et la cohésion sociale

Après votre installation définitive, à l’issue de la cérémonie d’investiture devant les sages de la Cour suprême, au cours de laquelle vous jurerez à nouveau de respecter les textes fondamentaux de la République, votre priorité devrait être l’apaisement du climat social et politique.

La Guinée souffre aujourd’hui d’une fracture profonde de son tissu social, déjà fragile et désormais morcelé. Aimer ce pays ne doit pas se limiter à des discours ou à des slogans. Aimer la Guinée, c’est protéger son unité, refuser les divisions ethniques, politiques et sociales, et créer les conditions d’un vivre-ensemble durable. Sans cohésion sociale, aucune réforme ne peut prospérer.

Sur la composition du futur gouvernement

La mise en place d’un gouvernement doit répondre à un seul critère fondamental : la compétence. Il est impératif de constituer une équipe composée de cadres qualifiés, intègres et véritablement compétents, capables de concevoir, de piloter et d’évaluer des politiques publiques efficaces.

La Guinée n’a plus besoin de démagogues, de communicants sans vision ni de courtisans politiques. Elle a besoin de techniciens, de stratèges, de gestionnaires et de patriotes animés par l’intérêt général. Un gouvernement bâti sur le clientélisme et la loyauté personnelle, plutôt que sur la compétence, conduira inévitablement à l’échec.

Sur l’importance de la justice administrative

La justice doit être véritablement indépendante. La mise en place effective d’un ordre juridictionnel administratif constituerait un signal fort de rupture avec les pratiques du passé.

Depuis l’indépendance, la Guinée souffre de l’absence réelle du juge administratif. Or, la dualité de juridiction est essentielle dans un État moderne. La création de tribunaux administratifs, au moins dans chaque région administrative, permettrait :

  • de lutter contre les abus de pouvoir des autorités administratives ;
  • de protéger les droits et libertés fondamentales des citoyens face à l’administration ;
  • d’améliorer la qualité de la gouvernance publique ;
  • d’instaurer une culture de responsabilité et de légalité au sein de l’administration.

Dans un pays comme la Guinée, où l’arbitraire administratif demeure la règle, la justice administrative constitue un outil de régulation démocratique, de pacification sociale et de crédibilité institutionnelle.

Sur la militarisation de l’administration

Pour gouverner efficacement, il faut gérer et non commander. Je vous suggère de retirer les militaires placés à la tête de l’administration territoriale.

Les militaires sont formés à la discipline et au commandement, non à la gestion administrative, et encore moins à la conception des politiques publiques. Or, l’administration exige des compétences en planification, en coordination, en mise en œuvre, en suivi et en évaluation des actions publiques.

Les gouverneurs, préfets et sous-préfets issus de l’armée ne sont pas à leur place à la tête des circonscriptions territoriales et des collectivités locales. Ils doivent être retournés dans les casernes, qui constituent leur cadre naturel.

Il ne s’agit nullement d’un rejet de l’armée, laquelle est respectée et aimée par les Guinéens, mais d’une exigence d’efficacité. L’administration déconcentrée et décentralisée doivent être confiées à des administrateurs civils non politisés, formés à la gestion des affaires publiques, capables de dialoguer avec les populations et de comprendre les dynamiques locales.

Sur la liberté de la presse et les profils toxiques

Vous devez permettre la réouverture des médias fermés. Restreindre la liberté de la presse n’est pas une solution pour consolider l’État de droit.

Les démagogues et opportunistes qui vous entourent et vous encouragent dans cette voie sont profondément nocifs. Ils prospèrent dans la peur, la censure et la manipulation. Leur loyauté est conditionnée par leurs intérêts personnels. Ils flattent aujourd’hui et trahiront demain.

Un président qui gouverne avec de tels profils finit toujours isolé, mal informé et déconnecté de la réalité du peuple. La liberté de la presse, au contraire, constitue un outil d’alerte, de correction et de renforcement de l’État de droit.

Sur l’éducation nationale

Si vous souhaitez transformer durablement l’éducation nationale, vous devez organiser une conférence nationale inclusive réunissant enseignants, chercheurs, syndicats, parents d’élèves et experts indépendants.

Cependant, cette conférence doit être suivie d’actes concrets. Allouer au moins 25 % du budget national à l’éducation permettrait :

  • de revaloriser le statut des enseignants ;
  • de moderniser les infrastructures scolaires ;
  • de renforcer la formation initiale et continue ;
  • d’adapter les programmes aux besoins du marché du travail et du développement national ;
  • d’investir massivement dans l’enseignement technique et professionnel.

L’éducation est un investissement stratégique, et non une dépense. Vous devez impérativement changer de paradigme à ce sujet.

Sur les marchés publics et les infrastructures

Le respect strict du code des marchés publics doit être non négociable. Les infrastructures de mauvaise qualité résultent du favoritisme, du gré à gré et du copinage. Je vous suggère de :

  • renforcer les organes de contrôle indépendants ;
  • rendre publics tous les contrats et appels d’offres ;
  • sanctionner pénalement toute violation ;
  • privilégier la concurrence et l’expertise technique.

Pour conclure, je tiens à rappeler une vérité historique immuable : tout régime fondé sur la force, la violence et la restriction des libertés individuelles et collectives finit toujours par être vaincu, tôt ou tard.

L’histoire ne pardonne jamais durablement l’injustice.

À bon entendeur, salut !

Tidiane DIALLO
Citoyen

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